Chat Control 2.0 (Cat’s Eyes… le retour)

Chat Control 2.0 (Cat’s Eyes… le retour)

On nous l’avait promis : « protéger les enfants », Un noble objectif ! Qui oserait s’y opposer ?
Sauf que, derrière ce slogan impeccable, la Commission Européenne rêve surtout d’un outil de surveillance de masse qui ferait pâlir Orwell.
Le principe ? Tous vos messages privés, vos mails, vos appels vidéo, vos photos stockées dans le cloud, analysés en temps réel par des algorithmes qui se trompent une fois sur deux. Et si ça sent le « contenu suspect » : alerte police, sans juge, sans mandat.
Bienvenue dans un monde libre l’Europe du futur : un gigantesque détecteur de sextos financé par vos impôts.

Le prétexte officiel : combattre les contenus pédopornographiques (ou CSAM/CSEM).
Les chiffres avancés sont impressionnants : 85 millions d’images signalées en 2021.
Sauf que – petit détail – 90 % de ces images étaient des doublons. En réalité, il s’agissait surtout de copies de six vidéos qui tournaient en boucle. La montagne de « 85 millions » se réduit vite à… 22 millions d’images uniques.
Pire encore, une partie des « contenus incriminés » inclut des mangas, des dessins, ou même des sextos consensuels entre ados. Oui, vous avez bien lu : le selfie d’un gamin de 16 ans envoyé à son/sa petit·e ami·e devient, dans les statistiques, une « preuve de pédopornographie ».

Chat Control 2.0, c’est l’équivalent numérique de fouiller dans le courrier postal des 500 millions d’Européens, tous les jours, au cas où.
Quelques exemples concrets :
• En Suisse, la police fédérale estime que 87 % des signalements automatisés sont infondés.
• En Irlande, seuls 20 % des signalements reçus en 2020 étaient réellement du contenu illégal.
• En Allemagne, près de 40 % des procédures pour « pédopornographie » visaient des mineurs eux-mêmes, pris la main dans le sac… à sextoter.

En clair, la machine déraille. Et pendant que la police croule sous des millions de faux signalements, les vrais abuseurs continuent de prospérer sur des forums privés chiffrés ou sur le darknet, bien loin de Facebook Messenger ou Gmail.

Conséquences : adieu chiffrement, anonymat et adolescence numérique !
Fin du chiffrement : pour scanner vos messages, il faudra casser la sécurité des applis chiffrées comme Signal ou WhatsApp. Une fois la porte dérobée ouverte, elle sera bonne pour tout le monde : pirates, services secrets étrangers, cybercriminels.
Fin de l’anonymat : création de compte = carte d’identité obligatoire. Les lanceurs d’alerte, journalistes ou victimes d’abus qui comptent sur la discrétion pourront dire merci à Bruxelles.
Interdiction d’applis aux mineurs : moins de 18 ans ? Adieu WhatsApp, Instagram, TikTok, mais aussi FIFA, Minecraft ou Call of Duty. Parce que jouer en ligne ou tchater, c’est trop « risqué ». Ce serait marrant de voir l’inutilité d’un message « avez-vous 18 ans ou plus – oui/non » comme pour les sites porno (on sait tous que c’est très efficace !), et hop ! J’imagine l’ado teubé qui cliquera sur non…


Les lanceurs d’alerte ? pas que des geeks barbus !
Le projet a déclenché un tollé bien au-delà des associations de défense du numérique :
• Patrick Breyer, eurodéputé du parti Pirate, a attaqué Meta en justice et martèle que Chat Control viole frontalement la jurisprudence européenne.
• Ninon Colneric, ex-juge à la Cour de justice de l’UE, confirme que la surveillance systématique des communications privées est contraire aux droits fondamentaux.
• La police suisse souligne que la majorité des signalements sont inutiles.
• Des victimes elles-mêmes s’y opposent : « Supprimer nos droits à la vie privée, c’est nous infliger une nouvelle violence ».
Même Europol est critiqué : l’agence a laissé tourner sciemment pendant des mois la plateforme pédocriminelle Boystown sans la fermer, alors qu’elle en connaissait l’existence. Mais oui, continuons à espionner mamie qui envoie ses recettes de cuisine par Messenger à sa fille, ça ira plus vite.

Quelles alternatives ?
– Donner enfin des moyens à la police : aujourd’hui, certaines enquêtes prennent des années faute de moyens humains.
– Supprimer les contenus à la source : signaler et fermer illico les sites hébergeant du CSAM, au lieu d’espionner tout le monde.
– Éducation et prévention : la majorité des cas d’abus restent inconnus ; travailler sur la prévention aurait infiniment plus d’impact.
– Soutien aux victimes : renforcer les lignes d’aide, financer les associations, créer des espaces sûrs pour les victimes au lieu de les criminaliser.

Concrètement, si le texte passe, préparez-vous à :
– Voir vos conversations intimes analysées par des IA (et parfois par des sous-traitants des quatre coins du monde),
– Risquer d’être inquiété parce que votre gamin a pris une photo sur la plage,
– Perdre le droit à l’anonymat numérique, une liberté de moins !
– Confier vos données sensibles à un système qui génère déjà 80 % de faux positifs. Données qui seront évidemment sur le net à la moindre faille de sécurité et (sur)exploitées par des sociétés à but fortement lucratif.

Chat Control 2.0, c’est la recette parfaite pour un désastre numérique et totalement liberticide.

En effet, c’est :
• Inutile : les vrais criminels ne passent pas par Gmail ou WhatsApp.
• Dangereux : destruction du principe de chiffrement et fin de l’anonymat.
• Contre-productif : des millions de faux positifs saturent la justice.
• Liberticide : chaque citoyen devient suspect par défaut.

Mais rassurez-vous : Bruxelles lit vos sextos « pour votre bien ». Et si ça se trouve, ils corrigeront même vos fautes d’orthographe.

Lutter contre les abus sexuels en installant une surveillance de masse, c’est un peu comme vouloir éviter les cambriolages en fouillant chaque maison tous les matins (au cas où…).
Résultat : on ne trouve pas les vrais coupables, mais on s’assure que tout le monde se sente coupable.

Reproduction de l’article suivant, merci à Vincent pour sa participation: https://technifree.com/assets/blog/index.php?page=1

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